Catégorie : Montréal

Une mesure plus audacieuse pour prioriser les autobus

Le pont Champlain, inauguré en 1962 au-dessus du fleuve Saint-Laurent, est le plus fréquenté au Canada : ses six voies de circulation voient chaque jour 160 000 véhicules le traverser, en moyenne.

En 1978, une voie réservée aux autobus a été mise en service, aux heures de pointe du matin et du soir : ne voulant pas nuire à la circulation générale, on l’établit à contresens, sur la chaussée opposée. Balisée par des cônes et des flèches lumineuses, cette voie permet de transporter autant de personnes que les trois autres voies de circulation réunies : ainsi, plus de 20 000 déplacements sont réalisés au moyen de cette installation temporaire.

Or, la semaine dernière, la voie de droite, direction Rive-Sud, a été fermée à la circulation, suite à la découverte d’une fissure sur une poutre de rive, particulièrement exposée aux sels de voirie et aux embruns du fleuve : pour des raisons de sécurité, on ne voulait plus exploiter la voie réservée à contresens, face à une seule voie de circulation restante.

Cette fermeture devait durer un jour : temporairement, les autobus ont été redirigés dans la circulation normale depuis l’entrée du pont. Mais on apprit qu’il fallait procéder à des travaux de renforcement qui s’échelonneraient plutôt sur un mois. Une série de mesures seront mises en place…

Pont Champlain : 12 mesures pour atténuer les problèmes de circulationUne voie réservée pour le transport en commun sera ouverte de la Rive-Sud en direction de Montréal aux heures de pointe matinales sur le pont Champlain.

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Ainsi, dès lundi, l’une des trois voies normales de circulation sera dédiée aux autobus, en direction de Montréal, dans le sens de la pointe, laissant les deux autres voies au reste des véhicules.

NDLR : CETTE MESURE A ÉTÉ SUSPENDUE…avant même qu’elle n’ait été testée.

C’est la configuration qu’il aurait fallu mettre en place dès le début, il y a 35 ans, pour affirmer la priorité des transports publics dans la circulation. Trop longtemps, les véhicules de transport publics ont été considérés comme nuisibles à la circulation automobile : ainsi, on déterra les rails de tramway des chaussées, en bâtissant plutôt des systèmes de transport souterrains ou aériens.

Il restera à voir comment les auto-solistes, qui forment la majorité du trafic, vont s’adapter. En ce moment, il y a bien plus de places vides dans les automobiles, que de conducteurs traversant le pont Champlain.

Que voilà une brillante occasion de voir émerger un esprit de collaboration et de partage!

Deux systèmes d’automobiles en libre-service à Montréal

Au Canada, car2go a fait son apparition à Toronto, Calgary, Vancouver, et très bientôt, ce service arrivera à Montréal. Cela a encouragé Communauto, opérateur historique, à lancer son propre service d’automobiles en libre-service, avec le souci de devancer ce concurrent potentiel : on a choisi une tarification à la minute, à l’heure et à la journée, selon les mêmes principes appliqués chez car2go.

Cet été, Auto Mobile a vu le jour, sous la forme d’un projet-pilote. On voulait connaître l’impact de cette formule dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, l’un des quartiers centraux de Montréal, avant de généraliser son déploiement. Récemment, Communauto a publié un rapport faisant état des premiers mois d’exploitation du service.

Comment se seraient déplacés les usagers du projet-pilote d'auto en libre-service? Source : http://www.communauto.com/auto-mobile/rapport.pdf

L’influence de la disponibilité de l’auto-mobile sur les autres moyens de transport. Source : http://owl.li/pOKWT

On y apprend que les déplacements réalisés à bord d’une automobile en libre-service remplaçaient essentiellement des trajets en transports collectifs (28%), des déplacements non-motorisés (23%, en combinant la marche, l’usage d’un vélo privé ou d’un vélo en libre-service), ou encore des déplacements qui n’auraient pas eu lieu (11%).

Pour 19% des trajets, ils auraient plutôt été réalisés en auto-partage classique, en aller-retour. Cela conduira sans doute Communauto à une révision de l’affectation du parc automobile.

L’impact sur les services de taxi est relativement faible (11%), mais surtout, cette nouvelle offre aura convaincu encore peu de propriétaires, automobilistes ou motocyclistes, à renoncer à l’usage de leur véhicule (4%).

Il est encore trop tôt pour juger des perspectives à long terme de la disponibilité de ce nouveau service sur le taux de motorisation des ménages du quartier, mais l’objectif est affiché : convaincre les citoyens que la possession d’un véhicule n’est plus aussi pertinente, compte-tenu des solutions de rechange mises à leur disposition. Passer d’une logique de propriété, à celle d’un service partagé et au bénéfice du plus grand nombre.

Est-ce que l’arrivée d’un joueur additionnel contribuera à l’engorgement du réseau routier, ou plutôt à pousser un nombre supplémentaire d’automobilistes à abandonner leur propre véhicule?

Dans l’article ci-dessous, car2go est d’abord présentée comme une solution de rechange aux transports collectifs, plutôt que comme une autre façon d’envisager la mobilité individuelle…

Car2go autopartage sera lancé à Montréal en novembreCar2go autopartage, une entreprise qui est la propriété de Daimler Amérique du Nord, va lancer son nouveau programme de partage automobile écologique à Montréal le 2 novembre prochain. Pour les Montréalais, il s’agit d’une nouvelle alternative unique au transport en commun.

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via Autogo

L’avion est-il le mode le plus polluant? Ça dépend…

Le Bombardier Q400, bimoteur turbopropulsé employé pour les vols court-courrier.

Le Bombardier Q400, bimoteur turbopropulsé employé pour les vols court-courrier.

Pour voyager de Montréal à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, quel mode de transport motorisé exigera le moins de carburant par passager? Sans conteste, l’autocar!

À 40 litres/100 km, et une charge moyenne de 40 passagers (80% de la capacité du véhicule), il faudra entre 9 et 10 litres de carburant par passager pour parcourir la distance d’environ 925 km. Le trajet nécessitera au moins deux correspondances (Orléans Express et Maritime Bus) et environ 11 heures de voyage.

Le parcours de Montréal à Saint-Jean n’est plus offert par Via Rail (le trajet passait par le Maine : voir le billet de train utilisé par ce ferrovipathe le 15 décembre 1994, dernier jour d’exploitation).

En automobile : le chemin le plus rapide, et sans qu’on ne traverse la frontière canado-américaine, mesure 917 km. Prenant comme hypothèse une consommation moyenne du véhicule de 8,5 litres/100 km, on obtient environ 80 litres d’essence pour 10 heures ininterrompues de conduite. Donc, entre 20 litres et 80 litres par passager, selon leur nombre.

En avion : vol direct de 1h20, avec le Bombardier Q400, bimoteur turbopropulsé (à hélices), qui consomme 1074 litres à l’heure. Avec une charge moyenne de 55 passagers (80%), on aura besoin de 25 à 30 litres par passager pour parcourir les 613 km qui séparent les deux aéroports, YUL et YSJ. Il faudra bien entendu ajouter quelques kilomètres de transport routier aux deux extrémités, et prévoir une heure et demie d’avance pour l’enregistrement et les formalités.

Le facteur d’émission de CO2 du kérosène (2534 g/L) est comparable à celui de l’essence (2289 g/L) et du carburant diesel (2663 g/L).

Comme quoi, si un trajet effectué en avion est significativement plus court que le parcours routier (dans notre cas, de l’ordre du tiers), la quantité marginale d’énergie requise pour effectuer le trajet pourrait être moindre en avion qu’en auto, selon le nombre de passagers à déplacer simultanément.

Une situation à évaluer au cas par cas!

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