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Les transports et l’énergie : défis pour le (reste du) 21e siècle

À l’échelle mondiale, au moment où les transports consomment plus de 25% de l’énergie, et plus de 60% du pétrole, les sources renouvelables ne comptent encore que pour moins de 15% de la production totale d’énergie.

Contrairement à ce qu’on pourrait le croire, le Québec dépend essentiellement des carburants fossiles pour combler ses besoins  énergétiques : sur les 480 TWh d’énergie consommée en 2008, 195 TWh l’étaient sous forme d’électricité, soit moins de la moitié (Statistique Canada).

Si au Québec, l’essentiel de la production d’électricité est de source hydraulique, il en est bien autrement dans le monde entier car, selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 80% de la génération d’électricité provient de sources non-renouvables : charbon (41%), gaz naturel (20%), nucléaire (13%), pétrole (5%).

C’est dire que dans le reste du monde, les véhicules électriques rouleront avec un cocktail énergétique composé principalement de charbon et de gaz naturel, sources non-renouvelables.

Voyez entre autres comment se compare l’utilisation de l’énergie, d’un territoire à l’autre, dans cette présentation, qui illustre l’importance du secteur des transports comme principal vecteur de consommation d’énergie, et  de génération d’émissions de gaz à effet de serre : http://owl.li/7llnU

Si nous préférons la rationalisation au rationnement, la remise en question de nos modes de déplacements et de l’aménagement de notre territoire sont désormais inévitables.

Les statistiques mondiales de l’énergie, et les transports

Source : Flickr - Eric Fischer (CC BY 2.0)

L’Agence internationale de l’énergie vient de publier son recueil annuel des statistiques de l’énergie. Ce document résume très bien les sources d’énergie, sa transformation et utilisation finale.

On y apprend qu’en 2009, 93,5% de l’énergie consommée pour les transports était issue du pétrole, dans des proportions tout à fait semblables à celles de 1973, au moment du premier choc pétrolier (94,3 %), à la différence qu’à cette époque, on ne consommait « que » 1 080 Mtep pour les transports de 4 milliards d’habitants. En 2009, nous en étions à 2 284 Mtep pour près de 7 milliards d’habitants : plus du double de la consommation!

Toujours en 2009, le pétrole représentait, tous secteurs confondus, la première source d’énergie (32,8 %), devant le charbon (27,2 %), le gaz naturel (20,9%), les bio-carburants et les déchets (10,2 %). Le nucléaire constituait 5,8 % de la production primaire. L’hydro-électricité n’a représenté que 2,3 %, et les autres sources (géothermie, solaire, vent, chaleur, etc.), un maigre 0,8 % de la production primaire.

La faute aux Chinois? On pointe souvent la Chine du doigt pour sa consommation accrue de ressources, mais en réalité, ce sont dans les pays de l’OCDE où l’utilisation de l’énergie est la plus intensive, si on la ramène par habitant, et encore davantage, si on considère qu’une bonne partie de la production de la Chine (et autres pays émergents) est en fait destinée aux marchés des pays occidentaux, sans que leur « pollution » ne leur soit attribuée (matières premières,  aliments, automobiles, ordinateurs, etc.)

Par exemple, la Chine comptait, en 2009, 1,3 milliard d’habitants, et produisait 2 272 Mtep d’énergie. Les pays de l’OCDE regroupaient alors 1,2 milliard d’habitants et en produisaient plus du double, soit 5 238 Mtep.

Donc, c’est ici et maintenant que nous devons réduire la consommation de pétrole, et c’est dans le secteur des transports qu’il faut cibler nos actions. En plus d’un investissement massif dans les transports actifs et collectifs, les pistes les plus prometteuses se situent également au niveau d’une meilleure occupation des automobiles, et d’une modération de l’utilisation des services aériens.

Lien vers le document .pdf (en anglais) : http://owl.li/6ZLo3