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Les statistiques mondiales de l’énergie, et les transports

Source : Flickr - Eric Fischer (CC BY 2.0)

L’Agence internationale de l’énergie vient de publier son recueil annuel des statistiques de l’énergie. Ce document résume très bien les sources d’énergie, sa transformation et utilisation finale.

On y apprend qu’en 2009, 93,5% de l’énergie consommée pour les transports était issue du pétrole, dans des proportions tout à fait semblables à celles de 1973, au moment du premier choc pétrolier (94,3 %), à la différence qu’à cette époque, on ne consommait « que » 1 080 Mtep pour les transports de 4 milliards d’habitants. En 2009, nous en étions à 2 284 Mtep pour près de 7 milliards d’habitants : plus du double de la consommation!

Toujours en 2009, le pétrole représentait, tous secteurs confondus, la première source d’énergie (32,8 %), devant le charbon (27,2 %), le gaz naturel (20,9%), les bio-carburants et les déchets (10,2 %). Le nucléaire constituait 5,8 % de la production primaire. L’hydro-électricité n’a représenté que 2,3 %, et les autres sources (géothermie, solaire, vent, chaleur, etc.), un maigre 0,8 % de la production primaire.

La faute aux Chinois? On pointe souvent la Chine du doigt pour sa consommation accrue de ressources, mais en réalité, ce sont dans les pays de l’OCDE où l’utilisation de l’énergie est la plus intensive, si on la ramène par habitant, et encore davantage, si on considère qu’une bonne partie de la production de la Chine (et autres pays émergents) est en fait destinée aux marchés des pays occidentaux, sans que leur « pollution » ne leur soit attribuée (matières premières,  aliments, automobiles, ordinateurs, etc.)

Par exemple, la Chine comptait, en 2009, 1,3 milliard d’habitants, et produisait 2 272 Mtep d’énergie. Les pays de l’OCDE regroupaient alors 1,2 milliard d’habitants et en produisaient plus du double, soit 5 238 Mtep.

Donc, c’est ici et maintenant que nous devons réduire la consommation de pétrole, et c’est dans le secteur des transports qu’il faut cibler nos actions. En plus d’un investissement massif dans les transports actifs et collectifs, les pistes les plus prometteuses se situent également au niveau d’une meilleure occupation des automobiles, et d’une modération de l’utilisation des services aériens.

Lien vers le document .pdf (en anglais) : http://owl.li/6ZLo3

 

 

L’avenir de l’automobile électrique

Circulation routière intense

Source : MPD01605 sur Flickr (CC-BY-SA)

Imaginez demain : nous nous sommes tournés massivement vers l’électromobilité, et les véhicules de cette illustration sont rechargés grâce à l’énergie solaire, éolienne et hydraulique.

Cependant, du côté d’une utilisation plus rationnelle des infrastructures routières, aucun gain n’aura été obtenu : devant l’abondance des véhicules électriques, des voix s’élèvent encore pour réclamer un aménagement urbain plus convivial. Il aurait fallu que les automobiles soient moins nombreuses, et qu’elles transportent davantage de personnes à la fois.

La circulation est devenue moins bruyante? À basse vitesse, on aurait pu l’espérer, mais les gens abusent encore du klaxon et de la sono. À vitesse modérée, c’est plutôt le frottement des pneus sur la chaussée que nous percevons, comme auparavant. Donc pas de révolution dans nos oreilles.

Et les accidents de la route? Pour en limiter le nombre et la gravité, on reconnaît qu’il aurait fallu généraliser les réductions de vitesse, en imposant une limite mécanique, comme on le faisait déjà pour les camions, ou électronique, qui aurait tenu compte du périmètre traversé. On aurait assuré ainsi un flot plus homogène des véhicules, et on en aurait profité au passage pour optimiser leur consommation énergétique, car au-delà d’une certaine vitesse, le frottement de l’air sur les véhicules entraîne encore une surconsommation disproportionnée par rapport aux gains de temps réalisés.

Les véhicules électriques individuels, stationnés plus de 90% du temps, n’ont donc pas minimisé la plupart des irritants qu’on attribuait à leurs prédécesseurs munis de moteurs à explosion : congestion routière, bruit, faible densité et mixité du territoire construit, accidents. Nous avons même dû construire une série de centrales électriques, simplement pour combler les besoins nécessaires pour transporter une ou deux personnes à la fois, dans des véhicules électriques de une à deux tonnes. Était-ce une décision rationnelle?

Retour à la réalité d’aujourd’hui : les projets de production électrique susciteront invariablement des débats et contestations dans la communauté. Soyons donc cohérents et réduisons à la source nos besoins en énergie pour éviter qu’on doive en produire davantage : un gisement de « négawatts » repose sous le poids de notre inaction.

Seule l’automobile électrique, employée en tant que véhicule partagé, entraînera un progrès par rapport à la situation actuelle. Les technologies de l’information nous permettent déjà de réaliser des gains inédits en termes d’efficacité énergétique, en nous indiquant davantage de possibilités pour combler les places vides de nos véhicules. C’est le temps de les exploiter!