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L’avenir de l’automobile électrique

Circulation routière intense

Source : MPD01605 sur Flickr (CC-BY-SA)

Imaginez demain : nous nous sommes tournés massivement vers l’électromobilité, et les véhicules de cette illustration sont rechargés grâce à l’énergie solaire, éolienne et hydraulique.

Cependant, du côté d’une utilisation plus rationnelle des infrastructures routières, aucun gain n’aura été obtenu : devant l’abondance des véhicules électriques, des voix s’élèvent encore pour réclamer un aménagement urbain plus convivial. Il aurait fallu que les automobiles soient moins nombreuses, et qu’elles transportent davantage de personnes à la fois.

La circulation est devenue moins bruyante? À basse vitesse, on aurait pu l’espérer, mais les gens abusent encore du klaxon et de la sono. À vitesse modérée, c’est plutôt le frottement des pneus sur la chaussée que nous percevons, comme auparavant. Donc pas de révolution dans nos oreilles.

Et les accidents de la route? Pour en limiter le nombre et la gravité, on reconnaît qu’il aurait fallu généraliser les réductions de vitesse, en imposant une limite mécanique, comme on le faisait déjà pour les camions, ou électronique, qui aurait tenu compte du périmètre traversé. On aurait assuré ainsi un flot plus homogène des véhicules, et on en aurait profité au passage pour optimiser leur consommation énergétique, car au-delà d’une certaine vitesse, le frottement de l’air sur les véhicules entraîne encore une surconsommation disproportionnée par rapport aux gains de temps réalisés.

Les véhicules électriques individuels, stationnés plus de 90% du temps, n’ont donc pas minimisé la plupart des irritants qu’on attribuait à leurs prédécesseurs munis de moteurs à explosion : congestion routière, bruit, faible densité et mixité du territoire construit, accidents. Nous avons même dû construire une série de centrales électriques, simplement pour combler les besoins nécessaires pour transporter une ou deux personnes à la fois, dans des véhicules électriques de une à deux tonnes. Était-ce une décision rationnelle?

Retour à la réalité d’aujourd’hui : les projets de production électrique susciteront invariablement des débats et contestations dans la communauté. Soyons donc cohérents et réduisons à la source nos besoins en énergie pour éviter qu’on doive en produire davantage : un gisement de « négawatts » repose sous le poids de notre inaction.

Seule l’automobile électrique, employée en tant que véhicule partagé, entraînera un progrès par rapport à la situation actuelle. Les technologies de l’information nous permettent déjà de réaliser des gains inédits en termes d’efficacité énergétique, en nous indiquant davantage de possibilités pour combler les places vides de nos véhicules. C’est le temps de les exploiter!