Catégorie : Moyens de transport

Le taximètre multi-usagers, une solution innovatrice pour usagers et exploitants

Source : Flickr - Time Pearce (CC BY 2.0)

À première vue, l’utilisation régulière du taxi n’apparaît pas comme une solution économique à la réalisation de déplacements individuels répétitifs, selon la conception usuelle que nous avons de son utilisation : une course exclusive, dont le coût est entièrement à notre charge.

Et si on nous donnait la possibilité de partager notre course avec des clients ayant d’autres origines-destinations, et de répartir les frais selon la distance que nous parcourons respectivement, pour réduire les coûts individuels de la course, quitte à sacrifier un peu de temps au passage?

Avec le taximètre multi-usagers, les exploitants pourraient accroître leurs revenus lorsqu’ils transportent davantage de clients simultanément, et les usagers profiteraient d’une réduction de leurs coûts de transport, selon la distance partagée avec les autres clients. Cet outil permettrait d’assurer une équité entre les clients en fonction de l’usage réel qu’ils font du taxi, et de facturer chacun en conséquence.

Illustration : dans l’exemple ci-dessous, en employant un segment uniforme d’une longueur de 3 km, et en ne partageant que les coûts variables de la course (kilométrage et 10% de temps d’attente), tout en prévoyant un excédent de 15% sur la distance parcourue (pour le jumelage avec les autres clients), et employant les tarifs québécois (note 1), on obtiendrait les résultats suivants :

Usager 1 :   A ==­> B ==> C ==> D ==> E    (12 km)
Usager 2 :             B ==> C ==> D ==> E     (9 km)
Usager 3 :                       C ==> D ==> E     (6 km)
Usager 4 :                       C ==­> D               (3 km)

Usager 1 :
– Coût course exclusive : 25,89 $ (12 km)
– Coût course partagée : 16,89 $ (Prise en charge + [(A-B)+(B-C ÷ 2)+(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 2 :
– Coût course exclusive : 20,28 $ (9 km)
– Coût course partagée : 10,44 $ (Prise en charge + [(B-C ÷ 2)+(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 3 :
– Coût course exclusive : 14,67 $ (6 km)
– Coût course partagée : 7,21 $ (Prise en charge + [(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 4 :
– Coût course exclusive : 9,06 $ (3 km)
– Coût course partagée : 5,06 $ (Prise en charge + (C-D ÷ 4) x 1,1 x 1,15)

Résultats :
Charges
pour tous les usagers = 39,61 $ pour la course partagée plutôt que 69,90 $ pour l’exclusive.
Recettes pour le taxi partagé = 39,61 $ pour la course partagée plutôt que 25,89 $ pour l’exclusive.
Distance moyenne parcourue par co-usager = 8,6 km (en tenant compte de la pénalité de 15%).
Coût moyen de la course par co-usager = 9,90 $.

Ainsi, les services de taxi deviendraient plus concurrentiels par rapport à la possession et à l’exploitation d’un véhicule automobile individuel. Sachant que la distance médiane de navettage des travailleurs québécois (note 2) est de 7,8 km, la moitié d’entre eux parcourent moins de 4 000 km par an pour aller au travail et en revenir, à raison de 250 jours ouvrables par an.

Dans l’exemple ci-dessus, il en coûterait annuellement 4 950 $ à l’usager moyen du taxi, pour aller travailler 250 jours par année et parcourir environ 4 300 km. Pour conduire cette distance avec un véhicule essentiellement réservé aux déplacements domicile-travail, le CAA-Québec prévoit des coûts de l’ordre de 6 900 $ pour un véhicule compact (note 3). Les coûts des deux options s’équilibreraient autour d’une distance parcourue de 2 250 km par année, ou de 4,5 km par trajet.

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Notes

(1) Tarifs de transport privé (Commission des transports du Québec) : http://is.gd/Jg8yyV

La tarification des services de taxi, au taximètre, est structurée ainsi, au Québec : 3,45 $ à la prise en charge + 1,70 $/km + 0,63 $ par minute d’attente (qu’on peut estimer à 10 % du prix de la course).

(2) Habitudes de navettage et lieux de travail des Canadiens (Statistique Canada) : http://is.gd/5zRaCD

(3) Coûts d’utilisation d’une automobile (CAA-Québec) : http://is.gd/TXNf0o

Le CAA-Québec estime, en 2011, que les coûts fixes de possession d’une automobile compacte sont de 6 239 $ par an, et les coûts variables de 0,147 $/km. Ces coûts ne tiennent pas compte des frais de stationnement, au domicile (déneigement, frais hypothécaires, taxes foncières…) ou à destination (stationnement intérieur ou extérieur, etc.).

Améliorer la fiabilité des horaires à juste prix

Source : Flickr - Mike Knell (CC BY-SA 2.0)

Comment concevoir un horaire qui soit à la fois simple à comprendre pour la clientèle, facile à gérer pour les exploitants, et, surtout, sur lequel on peut se fier?

En effet, en allant du lieu X au lieu Z, en passant par le point Y, les temps de parcours sont sujets à de nombreux aléas!

Si on alloue systématiquement trop de temps entre X et Y, alors les conducteurs devront attendre (et surtout les passagers à l’intérieur) avant de repartir vers le lieu Z, afin de ne pas être d’avance. Inversement, si on n’accorde pas assez de temps, alors les retards vont s’accumuler, à moins de réinjecter du temps de parcours en aval.

Alors, quelle heure inscrire à l’horaire pour indiquer, de la façon la plus représentative possible, le passage prévu des véhicules? L’analyse statistique nous permettra de déterminer le temps de parcours réalisé par un pourcentage donné de trajets (ex. 75%) qui, combiné à une allocation de battement en bout de ligne (ex. 10% du temps de parcours), permettra aux départs suivants d’être effectués à l’heure.

Qu’est-ce qu’un trajet à l’heure? Pour certains réseaux, il s’agit que les véhicules ne soient pas plus d’une minute d’avance, ni plus de cinq minutes en retard, à un lieu donné, pour que le service soit considéré comme étant ponctuel; si les retards sont inévitables, d’autres réseaux ne toléreront cependant aucune avance par rapport à l’horaire prévu.

Pour en savoir davantage :

  • Site web de CSched, firme spécialisée en planification d’horaires de transport collectif.

11 décembre 2011 : date charnière des transports ferroviaires européens

Source : Flickr - Kabelleger (CC BY-SA 2.0)

Plusieurs pays d’Europe ont initié, il y a plusieurs années, le cadencement de leurs lignes ferroviaires, c’est-à-dire une organisation des services autour d’un intervalle horaire, semi-horaire, etc.

Il est en effet bien plus simple de retenir que les trains passent à chaque 14e minute de l’heure à notre gare, plutôt que de constamment consulter les horaires publiés pour le savoir.

En France, le cadencement est donc progressivement implanté, pour simplifier la compréhension des horaires, faciliter les correspondances, tout en anticipant les périodes où l’on pourra réaliser des travaux sur les voies : avec le changement d’horaire 2012, 20% des lignes ferroviaires françaises seront cadencées, contre 8% en 2011.

Le 11 décembre prochain, on profitera également du changement d’horaire pour offrir de nouvelles relations ferroviaires, comme Paris – Bâle via Belfort, dont le trajet sera plus court de 30 minutes par rapport au parcours actuel via Strasbourg.

Cette date coïncidera également avec la modification des horaires ferroviaires belges, suisses, autrichiens et de bien d’autres pays européens, comme le rapporte « The Thomas Cook European Rail Timetable » sur son site web.

Pour plus de renseignements sur l’horaire cadencé, consultez cet article de Wikipedia, ou cette présentation de Réseau ferré de France (RFF).

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