Catégorie : Automobile

Les entreprises coopératives en transport

Coopérative de transport maritime et aérien
Source : Flickr – domlan00 (CC BY 2.0)

2012 : c’est l’année internationale des coopératives, aussi l’occasion de rappeler quelques exemples de ces entreprises qui œuvrent dans le domaine des transports, de part et d’autre de l’Atlantique.

La Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) : services de traversier, de croisières, et de camionnage, depuis les Îles-de-la-Madeleine.

Titi Floris : transport adapté, scolaire, universitaire, médical et aux fins de loisirs.

La Coopérative des autocaristes réunis (C.A.R.) : regroupement de transporteurs du département du Gard.

Iter : bureau d’études et de conseil en mobilités, transports et déplacements.

Mobility : 2600 véhicules en autopartage, répartis en 1340 emplacements, tant en zone urbaine que rurale.

Unicooptrans, la Fédération nationale des coopératives et groupements du transport : essentiellement dans le transport des marchandises.

m-way : fournisseur d’électromobilité (filiale de la Migros).

La Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) : du transport et des soins pré-hospitaliers.

Sans oublier les nombreuses coopératives de taxi, qui regroupent conducteurs ou détenteurs de permis en leur offrant des services de répartition.

Au passage, la ville de Québec recevra le Congrès international sur l’économie des coopératives, suivi du Sommet international des coopératives 2012, dans la période du 6 au 11 octobre prochain.

Le taximètre multi-usagers, une solution innovatrice pour usagers et exploitants

Source : Flickr - Time Pearce (CC BY 2.0)

À première vue, l’utilisation régulière du taxi n’apparaît pas comme une solution économique à la réalisation de déplacements individuels répétitifs, selon la conception usuelle que nous avons de son utilisation : une course exclusive, dont le coût est entièrement à notre charge.

Et si on nous donnait la possibilité de partager notre course avec des clients ayant d’autres origines-destinations, et de répartir les frais selon la distance que nous parcourons respectivement, pour réduire les coûts individuels de la course, quitte à sacrifier un peu de temps au passage?

Avec le taximètre multi-usagers, les exploitants pourraient accroître leurs revenus lorsqu’ils transportent davantage de clients simultanément, et les usagers profiteraient d’une réduction de leurs coûts de transport, selon la distance partagée avec les autres clients. Cet outil permettrait d’assurer une équité entre les clients en fonction de l’usage réel qu’ils font du taxi, et de facturer chacun en conséquence.

Illustration : dans l’exemple ci-dessous, en employant un segment uniforme d’une longueur de 3 km, et en ne partageant que les coûts variables de la course (kilométrage et 10% de temps d’attente), tout en prévoyant un excédent de 15% sur la distance parcourue (pour le jumelage avec les autres clients), et employant les tarifs québécois (note 1), on obtiendrait les résultats suivants :

Usager 1 :   A ==­> B ==> C ==> D ==> E    (12 km)
Usager 2 :             B ==> C ==> D ==> E     (9 km)
Usager 3 :                       C ==> D ==> E     (6 km)
Usager 4 :                       C ==­> D               (3 km)

Usager 1 :
– Coût course exclusive : 25,89 $ (12 km)
– Coût course partagée : 16,89 $ (Prise en charge + [(A-B)+(B-C ÷ 2)+(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 2 :
– Coût course exclusive : 20,28 $ (9 km)
– Coût course partagée : 10,44 $ (Prise en charge + [(B-C ÷ 2)+(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 3 :
– Coût course exclusive : 14,67 $ (6 km)
– Coût course partagée : 7,21 $ (Prise en charge + [(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 4 :
– Coût course exclusive : 9,06 $ (3 km)
– Coût course partagée : 5,06 $ (Prise en charge + (C-D ÷ 4) x 1,1 x 1,15)

Résultats :
Charges
pour tous les usagers = 39,61 $ pour la course partagée plutôt que 69,90 $ pour l’exclusive.
Recettes pour le taxi partagé = 39,61 $ pour la course partagée plutôt que 25,89 $ pour l’exclusive.
Distance moyenne parcourue par co-usager = 8,6 km (en tenant compte de la pénalité de 15%).
Coût moyen de la course par co-usager = 9,90 $.

Ainsi, les services de taxi deviendraient plus concurrentiels par rapport à la possession et à l’exploitation d’un véhicule automobile individuel. Sachant que la distance médiane de navettage des travailleurs québécois (note 2) est de 7,8 km, la moitié d’entre eux parcourent moins de 4 000 km par an pour aller au travail et en revenir, à raison de 250 jours ouvrables par an.

Dans l’exemple ci-dessus, il en coûterait annuellement 4 950 $ à l’usager moyen du taxi, pour aller travailler 250 jours par année et parcourir environ 4 300 km. Pour conduire cette distance avec un véhicule essentiellement réservé aux déplacements domicile-travail, le CAA-Québec prévoit des coûts de l’ordre de 6 900 $ pour un véhicule compact (note 3). Les coûts des deux options s’équilibreraient autour d’une distance parcourue de 2 250 km par année, ou de 4,5 km par trajet.

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Notes

(1) Tarifs de transport privé (Commission des transports du Québec) : http://is.gd/Jg8yyV

La tarification des services de taxi, au taximètre, est structurée ainsi, au Québec : 3,45 $ à la prise en charge + 1,70 $/km + 0,63 $ par minute d’attente (qu’on peut estimer à 10 % du prix de la course).

(2) Habitudes de navettage et lieux de travail des Canadiens (Statistique Canada) : http://is.gd/5zRaCD

(3) Coûts d’utilisation d’une automobile (CAA-Québec) : http://is.gd/TXNf0o

Le CAA-Québec estime, en 2011, que les coûts fixes de possession d’une automobile compacte sont de 6 239 $ par an, et les coûts variables de 0,147 $/km. Ces coûts ne tiennent pas compte des frais de stationnement, au domicile (déneigement, frais hypothécaires, taxes foncières…) ou à destination (stationnement intérieur ou extérieur, etc.).

L’avenir de l’automobile électrique

Circulation routière intense

Source : MPD01605 sur Flickr (CC-BY-SA)

Imaginez demain : nous nous sommes tournés massivement vers l’électromobilité, et les véhicules de cette illustration sont rechargés grâce à l’énergie solaire, éolienne et hydraulique.

Cependant, du côté d’une utilisation plus rationnelle des infrastructures routières, aucun gain n’aura été obtenu : devant l’abondance des véhicules électriques, des voix s’élèvent encore pour réclamer un aménagement urbain plus convivial. Il aurait fallu que les automobiles soient moins nombreuses, et qu’elles transportent davantage de personnes à la fois.

La circulation est devenue moins bruyante? À basse vitesse, on aurait pu l’espérer, mais les gens abusent encore du klaxon et de la sono. À vitesse modérée, c’est plutôt le frottement des pneus sur la chaussée que nous percevons, comme auparavant. Donc pas de révolution dans nos oreilles.

Et les accidents de la route? Pour en limiter le nombre et la gravité, on reconnaît qu’il aurait fallu généraliser les réductions de vitesse, en imposant une limite mécanique, comme on le faisait déjà pour les camions, ou électronique, qui aurait tenu compte du périmètre traversé. On aurait assuré ainsi un flot plus homogène des véhicules, et on en aurait profité au passage pour optimiser leur consommation énergétique, car au-delà d’une certaine vitesse, le frottement de l’air sur les véhicules entraîne encore une surconsommation disproportionnée par rapport aux gains de temps réalisés.

Les véhicules électriques individuels, stationnés plus de 90% du temps, n’ont donc pas minimisé la plupart des irritants qu’on attribuait à leurs prédécesseurs munis de moteurs à explosion : congestion routière, bruit, faible densité et mixité du territoire construit, accidents. Nous avons même dû construire une série de centrales électriques, simplement pour combler les besoins nécessaires pour transporter une ou deux personnes à la fois, dans des véhicules électriques de une à deux tonnes. Était-ce une décision rationnelle?

Retour à la réalité d’aujourd’hui : les projets de production électrique susciteront invariablement des débats et contestations dans la communauté. Soyons donc cohérents et réduisons à la source nos besoins en énergie pour éviter qu’on doive en produire davantage : un gisement de « négawatts » repose sous le poids de notre inaction.

Seule l’automobile électrique, employée en tant que véhicule partagé, entraînera un progrès par rapport à la situation actuelle. Les technologies de l’information nous permettent déjà de réaliser des gains inédits en termes d’efficacité énergétique, en nous indiquant davantage de possibilités pour combler les places vides de nos véhicules. C’est le temps de les exploiter!

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