Catégorie : Particuliers

Services aux particuliers

Dépenses en transports : au top 3 de votre budget familial

Source : Flickr - zigazou76 (CC BY 2.0)

Il vous reste quelques heures pour produire votre déclaration de revenus, et vous trouvez que vous payez trop d’impôts?

Statistique Canada a publié, la semaine dernière, les résultats de l’Enquête sur les dépenses des ménages (EDM).

Selon votre revenu, il y a pourtant de fortes chances que vous ayez dépensé davantage pour vous déplacer!

Le Tableau 1 indique la répartition des dépenses selon le quintile de revenus. Seuls les ménages se situant au quintile supérieur ont déboursé une plus grande part en impôts.

Les dépenses en transport arrivant en 2e ou en 3e place, selon le revenu, elles se situent invariablement entre les coûts du logement et de l’alimentation.

L’étude indique qu’en moyenne, les ménages canadiens ont déboursé 10 999 $ pour les transports en 2010, dont 9 946 $ au transport privé (voitures, camions et fourgonnettes) et 1 053 $ au transport public (ce qui inclut même les voyages en avion)!

En regardant plus précisément les dépenses en transports, les ménages résidant dans les zones urbaines d’un million d’habitants et plus ont déboursé 9 558 $ par année pour se déplacer. Une économie de 1 697 $ en moyenne par rapport aux ménages des régions rurales (11 255 $ par an).

Cet écart n’est toutefois par compensé par les coûts accrus du logement : les ménages de ces grandes zones urbaines ont ainsi dépensé 6 649 $ de plus à ce chapitre.

Pour mieux juger de la situation, il resterait à imputer une valeur aux externalités (accidents, pollution…) ainsi qu’au temps personnel de transport, qui n’est pas comptabilisé comme une dépense directe lorsqu’on est derrière le volant!

Le taximètre multi-usagers, une solution innovatrice pour usagers et exploitants

Source : Flickr - Time Pearce (CC BY 2.0)

À première vue, l’utilisation régulière du taxi n’apparaît pas comme une solution économique à la réalisation de déplacements individuels répétitifs, selon la conception usuelle que nous avons de son utilisation : une course exclusive, dont le coût est entièrement à notre charge.

Et si on nous donnait la possibilité de partager notre course avec des clients ayant d’autres origines-destinations, et de répartir les frais selon la distance que nous parcourons respectivement, pour réduire les coûts individuels de la course, quitte à sacrifier un peu de temps au passage?

Avec le taximètre multi-usagers, les exploitants pourraient accroître leurs revenus lorsqu’ils transportent davantage de clients simultanément, et les usagers profiteraient d’une réduction de leurs coûts de transport, selon la distance partagée avec les autres clients. Cet outil permettrait d’assurer une équité entre les clients en fonction de l’usage réel qu’ils font du taxi, et de facturer chacun en conséquence.

Illustration : dans l’exemple ci-dessous, en employant un segment uniforme d’une longueur de 3 km, et en ne partageant que les coûts variables de la course (kilométrage et 10% de temps d’attente), tout en prévoyant un excédent de 15% sur la distance parcourue (pour le jumelage avec les autres clients), et employant les tarifs québécois (note 1), on obtiendrait les résultats suivants :

Usager 1 :   A ==­> B ==> C ==> D ==> E    (12 km)
Usager 2 :             B ==> C ==> D ==> E     (9 km)
Usager 3 :                       C ==> D ==> E     (6 km)
Usager 4 :                       C ==­> D               (3 km)

Usager 1 :
– Coût course exclusive : 25,89 $ (12 km)
– Coût course partagée : 16,89 $ (Prise en charge + [(A-B)+(B-C ÷ 2)+(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 2 :
– Coût course exclusive : 20,28 $ (9 km)
– Coût course partagée : 10,44 $ (Prise en charge + [(B-C ÷ 2)+(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 3 :
– Coût course exclusive : 14,67 $ (6 km)
– Coût course partagée : 7,21 $ (Prise en charge + [(C-D ÷ 4)+(D-E ÷ 3)] x 1,1 x 1,15)

Usager 4 :
– Coût course exclusive : 9,06 $ (3 km)
– Coût course partagée : 5,06 $ (Prise en charge + (C-D ÷ 4) x 1,1 x 1,15)

Résultats :
Charges
pour tous les usagers = 39,61 $ pour la course partagée plutôt que 69,90 $ pour l’exclusive.
Recettes pour le taxi partagé = 39,61 $ pour la course partagée plutôt que 25,89 $ pour l’exclusive.
Distance moyenne parcourue par co-usager = 8,6 km (en tenant compte de la pénalité de 15%).
Coût moyen de la course par co-usager = 9,90 $.

Ainsi, les services de taxi deviendraient plus concurrentiels par rapport à la possession et à l’exploitation d’un véhicule automobile individuel. Sachant que la distance médiane de navettage des travailleurs québécois (note 2) est de 7,8 km, la moitié d’entre eux parcourent moins de 4 000 km par an pour aller au travail et en revenir, à raison de 250 jours ouvrables par an.

Dans l’exemple ci-dessus, il en coûterait annuellement 4 950 $ à l’usager moyen du taxi, pour aller travailler 250 jours par année et parcourir environ 4 300 km. Pour conduire cette distance avec un véhicule essentiellement réservé aux déplacements domicile-travail, le CAA-Québec prévoit des coûts de l’ordre de 6 900 $ pour un véhicule compact (note 3). Les coûts des deux options s’équilibreraient autour d’une distance parcourue de 2 250 km par année, ou de 4,5 km par trajet.

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Notes

(1) Tarifs de transport privé (Commission des transports du Québec) : http://is.gd/Jg8yyV

La tarification des services de taxi, au taximètre, est structurée ainsi, au Québec : 3,45 $ à la prise en charge + 1,70 $/km + 0,63 $ par minute d’attente (qu’on peut estimer à 10 % du prix de la course).

(2) Habitudes de navettage et lieux de travail des Canadiens (Statistique Canada) : http://is.gd/5zRaCD

(3) Coûts d’utilisation d’une automobile (CAA-Québec) : http://is.gd/TXNf0o

Le CAA-Québec estime, en 2011, que les coûts fixes de possession d’une automobile compacte sont de 6 239 $ par an, et les coûts variables de 0,147 $/km. Ces coûts ne tiennent pas compte des frais de stationnement, au domicile (déneigement, frais hypothécaires, taxes foncières…) ou à destination (stationnement intérieur ou extérieur, etc.).

Les statistiques mondiales de l’énergie, et les transports

Source : Flickr - Eric Fischer (CC BY 2.0)

L’Agence internationale de l’énergie vient de publier son recueil annuel des statistiques de l’énergie. Ce document résume très bien les sources d’énergie, sa transformation et utilisation finale.

On y apprend qu’en 2009, 93,5% de l’énergie consommée pour les transports était issue du pétrole, dans des proportions tout à fait semblables à celles de 1973, au moment du premier choc pétrolier (94,3 %), à la différence qu’à cette époque, on ne consommait « que » 1 080 Mtep pour les transports de 4 milliards d’habitants. En 2009, nous en étions à 2 284 Mtep pour près de 7 milliards d’habitants : plus du double de la consommation!

Toujours en 2009, le pétrole représentait, tous secteurs confondus, la première source d’énergie (32,8 %), devant le charbon (27,2 %), le gaz naturel (20,9%), les bio-carburants et les déchets (10,2 %). Le nucléaire constituait 5,8 % de la production primaire. L’hydro-électricité n’a représenté que 2,3 %, et les autres sources (géothermie, solaire, vent, chaleur, etc.), un maigre 0,8 % de la production primaire.

La faute aux Chinois? On pointe souvent la Chine du doigt pour sa consommation accrue de ressources, mais en réalité, ce sont dans les pays de l’OCDE où l’utilisation de l’énergie est la plus intensive, si on la ramène par habitant, et encore davantage, si on considère qu’une bonne partie de la production de la Chine (et autres pays émergents) est en fait destinée aux marchés des pays occidentaux, sans que leur « pollution » ne leur soit attribuée (matières premières,  aliments, automobiles, ordinateurs, etc.)

Par exemple, la Chine comptait, en 2009, 1,3 milliard d’habitants, et produisait 2 272 Mtep d’énergie. Les pays de l’OCDE regroupaient alors 1,2 milliard d’habitants et en produisaient plus du double, soit 5 238 Mtep.

Donc, c’est ici et maintenant que nous devons réduire la consommation de pétrole, et c’est dans le secteur des transports qu’il faut cibler nos actions. En plus d’un investissement massif dans les transports actifs et collectifs, les pistes les plus prometteuses se situent également au niveau d’une meilleure occupation des automobiles, et d’une modération de l’utilisation des services aériens.

Lien vers le document .pdf (en anglais) : http://owl.li/6ZLo3

 

 

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